Laurence Denimal
Fesse morte
À PARAÎTRE EN AVRIL 2026, 140 PAGES, 11 X 18 CM, BROCHÉ
10,00 € TTC
Une secrétaire, petite main du travail des autres – en l’occurrence de sympathiques ingénieurs – raconte son quotidien au travail, les pensées qui la traversent entre deux mails, son entrée dans l’âge mûr. Cela pourrait être lourd, car elle est au bord du “bore-out” (souffrance au travail causée par l’ennui) mais c’est à la fois drôle, politique et artistique. Car la narratrice, plutôt que de se laisser mourir d’ennui prend le parti, entre ses micro-tâches, de bricoler quelque chose à soi. Elle consigne, minute par minute, les menus faits et gestes de son travail. La mise en liste donne à la répétition, à l’enchevêtrement des actes, des pensées, des discussions quelque chose de décalé qui fait entendre tout le bruissement du monde et réouvre l’imaginaire. On dirait du Sophie Calle si Sophie Calle avait eu un travail de petite main salariée. Et puis la machine s’emballe ; la secrétaire finit par utiliser en cachette les logiciels d’architecture pour documenter ses propres déplacements dans l’open-space, et de réappropriation en réappropriation, elle prend, telle une mouette, son envol.
Claire Paulian
Depuis une vingtaine d’années, Laurence Denimal mène une double activité de plasticienne et d’autrice, avec des textes qu’elle qualifie de “documents poétiques”.

