Comment représenter l’horreur sans la trahir ? La professeure en histoire et théorie de l’art Soko Phay explore les réponses des artistes face au génocide des Khmers rouges.

Alain Berland : En 1961, Jacques Rivette condamnait très violemment le film Kapò de Gillo Pontecorvo au nom d’une morale de la mise en scène, estimant que la représentation des camps nazi engageait une responsabilité éthique. Dans votre remarquable essai Cambodge, l’art devant l’extrême, vous interrogez les représentations du génocide des Khmers rouges : quelle méthode avez-vous adoptée pour aborder un sujet aussi douloureux ?
Soko Phay : Le questionnement de Rivette à propos de Kapò m’a accompagnée tout au long de ce travail, comme ceux de Lanzmann, Didi-Huberman ou Rancière, interrogeant ce que l’art peut et ne peut pas face à l’extrême. Représenter un génocide engage une responsabilité éthique…
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